L’été est là et les vacances sont synonymes de baignades, mer et piscine. Mais pour patauger dans l’eau ou nager, il faut un ou même plusieurs maillots de bain.
Que ce soit pour vos enfants ou vous-même, voici tout ce qu’il faut savoir pour coudre un maillot de bain qui tienne vraiment dans l’eau : matériel, technique, et solutions aux pépins les plus fréquents.
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Comment coudre un maillot de bain qui tient vraiment dans l’eau

Pourquoi le maillot de bain est un projet de couture à part
Avant de se lancer, il faut avoir en tête qu’un maillot de bain ne se coud pas comme un t-shirt en jersey. La plupart des patrons de maillot sont construits avec une marge d’aisance négative, c’est-à-dire que les mesures du vêtement fini sont volontairement plus petites que les mensurations du corps, au niveau du tour de taille et du tour de poitrine notamment. C’est le tissu extrêmement élastique qui compense, en s’étirant pour s’ajuster.
Cela veut dire que chaque élément (tissu, fil, aiguille, élastique) doit être choisi pour résister à un étirement permanent et répété, contrairement à un vêtement classique qui ne travaille presque jamais en tension.
Les astuces couture de maillot de bain
Les patrons
Il vous faudra d’abord un bon patron. Vous avez trois options, du plus rapide au plus technique :
Partir d’un patron de maillot tout fait. C’est la solution la plus simple si vous débutez. Pour un maillot une pièce enfant par exemple, le patron Marcelin (fille, 3-14 ans) est pensé spécifiquement pour ce type de projet, avec les quantités de tissu, de doublure et d’élastique déjà calculées.
Tracer son propre patron de base. Si vous voulez un maillot qui vous va vraiment, le patron de base body sans pince est le point de départ classique : il s’utilise avec un tissu extensible (spandex, élasthanne) et sert ensuite de base pour tracer un maillot, une lingerie ou un justaucorps. Pour le haut, j’explique aussi comment tracer un patron de soutien-gorge à nœuds ou une version bandeau. Vous pouvez également utiliser nos patrons de couture maillots directement.
Recycler un patron de lingerie. Voici une astuce peu connue : il n’est pas nécessaire d’acheter un patron spécial maillot. Un patron de culotte et de soutien-gorge de lingerie, modifié pour la baignade, fonctionne très bien. Je détaille la méthode complète ici.
2. Le tissu
J’en ai parlé en détail dans cet article dédié, mais le point essentiel à retenir : le tissu doit avoir un taux d’élasticité élevé, généralement au moins 75% (Lycra ou Spandex), pour supporter l’aisance négative du patron sans déformer la couture. Si vous n’êtes pas sûre de l’élasticité d’un tissu en magasin, prenez l’habitude de tester un échantillon avant d’acheter le métrage complet car un tissu trop ferme ne se mettra jamais correctement en forme, même avec la meilleure technique de couture.
3. L’élastique
Pour les petites filles, préférez de l’élastique de 5 mm de large. S’il n’est pas indispensable de choisir un élastique spécial maillot pour les fillettes, c’est en revanche préférable pour les maillots de femmes : optez pour du caoutchouc naturel ou transparent. Cet élastique s’appelle la laminette. Il vous en faudra environ 3 mètres pour un maillot adulte.
4. Fixer l’élastique
Épinglez l’élastique tendu sur l’envers du maillot en tendant le moins possible le tissu. Piquez avec un point zigzag « lâche » (longueur de point de 3 sur une échelle de 1 à 4). Si le point zigzag est trop serré, l’élastique ne pourra pas revenir à sa position initiale, c’est-à-dire détendue — et c’est précisément ce qui fait qu’un maillot perd sa forme après quelques lavages.

5. Les aiguilles
Il est important d’utiliser des aiguilles Jersey (ou stretch) pour coudre un maillot de bain. En effet, une aiguille normale fera de petits trous dans le tissu qui ne se refermeront jamais compte tenu de la nature du tissu. C’est une des erreurs les plus fréquentes.
6. Le fil : le polyester est non négociable
Il faut un fil en polyester et non en coton. La raison est purement mécanique : le fil de coton n’a aucune élasticité propre, alors que le fil polyester possède une légère élasticité qui lui permet d’accompagner l’étirement du tissu sans se rompre. Sur une étoffe tissée classique, ce n’est pas un problème mais sur un tissu extensible comme le maillot de bain, un fil de coton va casser sous la tension répétée, même si la couture semblait parfaite au départ.
Certaines couturières utilisent même du fil mousse (un polyester texturé encore plus extensible) pour les coutures les plus sollicitées d’un maillot, bien qu’il soit plus délicat à travailler qu’un polyester classique.
Si le sujet vous intéresse, j’ai détaillé les 5 types de fils à coudre à connaître et leurs usages respectifs.
7. La doublure
Pour les maillots de bain de fillettes, il n’est pas nécessaire de doubler. Pour doubler le maillot d’une femme, vous pouvez utiliser le même tissu et couper deux devants au lieu d’un seul, c’est la solution la plus simple. Il existe aussi un tissu spécifique pour cet usage, la marquisette, généralement couleur chair, blanc ou noir, qui sert à opacifier le tissu et donner une finition professionnelle.
8. Couper
Regardez dans quel sens le tissu s’étire le plus avant de poser le patron dessus (le plus souvent dans le biais) : il faut disposer le patron en suivant ce sens d’élasticité maximale, et non au hasard. Une erreur de sens de coupe se traduira par un maillot qui s’étire dans la mauvaise direction et qui ne s’ajustera jamais correctement au corps.

9. Piquer
Pour éviter que les coutures ne tournent sur elles-mêmes, il faut piquer les coutures latérales du bas vers le haut, sur les deux côtés.
10. Surpiqûre
Vous pouvez utiliser des points décoratifs pour surpiquer l’élastique, comme le multi-zigzag (zigzag en 3 temps) ou un point de smocks.


Vous pouvez utiliser des points décoratifs pour surpiquer l’élastique comme le multi zigzag (ou zigzag en 3 temps) ou un point de smocks

On peut utiliser le point picot pour l’ourlet de la jupette assortie au maillot de bain:
On peut aussi utiliser le point picot pour l’ourlet d’une jupette assortie au maillot de bain :
Dépannage : les 5 problèmes les plus fréquents
Même en suivant toutes ces étapes, certains pépins reviennent souvent. Voici comment les identifier et les corriger.
L’élastique « roule » ou se voit sous le tissu. C’est presque toujours un problème de tension au moment de la pose : si l’élastique a été trop étiré pendant la couture, il reprend sa forme initiale après coup et fait onduler le tissu autour de lui. La solution n’est pas de recommencer la couture, mais de revoir le geste : tendez l’élastique de façon strictement homogène, idéalement en le divisant en quarts marqués à l’épingle (taille et ouvertures de jambes), et en alignant ces repères avec les coutures latérales avant de piquer.
Le tissu glisse ou se déforme pendant la couture. C’est le talon d’Achille de tout tissu très extensible sous une machine classique. Deux solutions : utilisez un pied-de-biche spécial jersey/stretch (avec téflon ou à double entraînement) qui empêche le tissu de filer, et réduisez la pression du pied presseur si votre machine le permet.
Les coutures craquent après quelques utilisations. Si ce n’est pas un problème de fil (voir point 6 plus haut), c’est généralement la longueur de point qui est en cause : un point trop court sur un tissu extensible empêche la couture elle-même de s’étirer avec le tissu, et elle finit par céder. Un point zigzag plutôt qu’un point droit, ou un point droit légèrement plus long que d’habitude, laisse à la couture la marge de mouvement nécessaire.
Le maillot perd sa forme après quelques baignades. C’est le symptôme classique d’un élastique posé avec un point trop serré (voir point 4), ou d’un élastique non spécifique maillot de bain (la laminette résiste mieux à l’étirement répété qu’un élastique classique). Si le maillot est déjà fini, il est parfois possible de remplacer l’élastique de taille en découpant la couture qui le maintient — mais c’est un dépannage, pas une solution durable : mieux vaut bien choisir son élastique dès le départ.
Les petits trous d’aiguille n’arrivent pas à se refermer. C’est le signe que vous avez utilisé une aiguille classique au lieu d’une aiguille Jersey/stretch (voir point 5). Le tissu étant déjà percé de façon permanente, il n’y a pas de retour en arrière possible sur la pièce concernée — c’est typiquement l’erreur la plus chère, car elle oblige souvent à recouper.
N’hésitez pas à vous entraîner avant de vous lancer pour de vrai, pour affiner les réglages en fonction du tissu ! Il vous faudra notamment régler la tension du fil et la longueur du point (en général 1,5 sur une échelle de 1 à 4).
Entretien et durée de vie d’un maillot de bain fait main
Un maillot de bain fait main peut durer plusieurs saisons si l’on respecte quelques gestes simples.
Comme il est souvent confectionné dans une maille extensible délicate, son ennemi principal n’est pas seulement l’usage répété, mais surtout le chlore, le sel, le soleil et les frottements. Après chaque baignade, le rinçage à l’eau claire est le premier réflexe à adopter, car il permet d’éliminer les agents corrosifs qui abîment les fibres et accélèrent la perte d’élasticité. C’est d’autant plus important pour un modèle cousu à la main, dont les coutures et les élastiques peuvent être plus sensibles qu’un maillot industriel.
Le chlore est particulièrement problématique en piscine. Il peut ternir les couleurs, fragiliser les fibres et réduire progressivement la tenue du tissu. Pour limiter ces effets, il vaut mieux rincer le maillot immédiatement après usage, sans attendre qu’il sèche sale ou roulé dans un sac. Si un lavage est nécessaire, privilégiez une eau tiède avec un savon doux ou une lessive pour textiles délicats, en évitant les produits agressifs, l’eau de Javel et les détachants puissants.
Le séchage compte autant que le lavage. Il ne faut pas tordre le maillot, car les torsions fatiguent les fibres et peuvent déformer la matière. Le mieux est de presser doucement l’excès d’eau dans une serviette propre, puis de faire sécher le maillot à plat ou à l’air libre, à l’ombre, loin de toute source de chaleur directe. Le soleil prolongé peut en effet favoriser la décoloration, surtout sur les tissus foncés ou imprimés. Le sèche-linge est à éviter, tout comme le fer à repasser, qui risquent d’endommager l’élasthanne et les finitions.
Enfin, la durée de vie d’un maillot fait main dépend aussi de l’usage. Alterner plusieurs maillots, éviter les surfaces rugueuses et retirer le maillot dès la fin de la baignade contribuent à préserver sa forme plus longtemps. En pratique, un bon entretien ne fait pas seulement durer le vêtement : il maintient aussi le confort, l’ajustement et l’aspect du travail de couture.
Questions fréquentes
Pourquoi coudre un maillot de bain est-il difficile ?
La difficulté vient du tissu extensible : il faut des aiguilles stretch, un fil polyester et un point zigzag adapté, sinon les coutures craquent ou trouent le tissu.
Quel élastique pour un maillot de bain ?
La laminette, un élastique spécial maillot en caoutchouc naturel ou transparent. Comptez environ 3 mètres pour un maillot adulte, en 5 mm de large pour les enfants.
Faut-il doubler un maillot de bain fait main ?
Oui pour les maillots de femme, en coupant deux fois le devant dans le même tissu. Pour les fillettes, la doublure n’est pas nécessaire.
Quelle aiguille pour coudre du tissu maillot de bain ?
Une aiguille Jersey ou stretch, jamais une aiguille classique qui perce le tissu sans se refermer.
Quel point pour fixer l’élastique d’un maillot ?
Un point zigzag « lâche » (longueur 3 sur 4) sur l’envers, tissu tendu le moins possible pour garder son élasticité.

